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La mort, cette salope

  • Photo du rédacteur: Véronique Gindrat
    Véronique Gindrat
  • 6 sept. 2022
  • 3 min de lecture

Oui, je sais, ça fait longtemps que je n’ai pas écrit. Toute occupée à ma rentrée professionnelle, celles de mes kids et ma nouvelle formation, le tout en roucoulant quelque part de l’autre côté de la frontière…ça fait pas mal d’activités en parallèle à gérer. Je vous avais néanmoins préparé plein de trucs légers et sympas à poster, qui parlent d’amour, de sexe et de rock’n roll, mais voilà, j’ai été rattrapée par la mort. Enfin, pas moi directement, mais je suis touchée quand même. Et on a beau dire que « oui, la mort fait partie de la vie, on y passe tous tôt ou tard, on ne sait pas la gérer dans nos sociétés occidentales… » Oui, peut-être qu’une autre philosophie faciliterait le deuil, mais là aujourd’hui, je réagis avec mes tripes et mes émotions. La semaine dernière, j’ai été confrontée 2 fois à la mort. La première fois, il s’agissait d’une personne que je ne connaissais pas : le père d’un collègue très cher, qui malgré ses 80 printemps, tenait une forme incroyable…une sorte de rock immortel. Et puis, il part un matin au magasin en disant « à toute » à sa femme. Il n’est jamais revenu, foudroyé debout en plein milieu du magasin. Très touchée par la façon dont le collègue en question nous a partagé sa peine, je suis admirative de cette façon de voir la fatalité. Oui, il avait 80 ans…il n’en reste pas moins qu’une perte est un deuil, quelle qu’elle soit.

La seconde fois est beaucoup plus personnelle et empreinte d’émotion puisqu’il s’agit d’une personne avec laquelle j’ai partagé un bout de chemin il n’y a pas si longtemps. Quand bien même notre rupture avait été un peu houleuse, j’ai partagé et vécu des moments intimes avec cet homme et je l’ai aimé. Or, j’apprends par les réseaux sociaux (ça questionne pas mal de choses en moi actuellement), que cet homme est décédé depuis 3 semaines. Il a lui-même mis en scène et posté son adieu…un artiste, un professionnel de la comm, bref, sa façon de partir m’a à peine étonnée. Pourtant lui aussi était un rock, costaud, résistant et immortel. Il se battait depuis des années contre la maladie, ancien sportif qu’il est (en me relisant je constate que j’ai de la peine à parler au passé alors je laisse volontairement ces erreurs de français), champion et athlète, avec son sens de la combativité. Cela n’a pas suffi…j’ai vu avec horreur son visage émacié et son corps amaigri sur les photos. En 3 mois, son enveloppe charnelle s’est détériorée…, on pouvait voir la mort dans ses yeux. Sous le choc dans un premier temps, j’ai réalisé que, en fait, je le savais. J’avais eu un pressentiment que je n’arrivais pas à reconnaître… . J’ignorais où en était sa maladie. Mais au fond de moi, j’ai senti que quelque chose de grave se passait. C’est la raison pour laquelle je suis allée voir son compte insta que j’avais boycotté depuis 6 mois. À la fois soulagée pour lui, qui souffrait dans sa chair depuis si longtemps, dévastée par la tristesse, révoltée par le sentiment d’injustice, je me dis que j’y étais préparée…je pensais juste que cela arriverait beaucoup plus tard.

Aujourd’hui, je pense qu’il est enfin en paix, lui qui a vécu une vie tellement torturée, il peut se reposer, son âme est libre. Je crois un peu naïvement, que quelque part, il veille sur ceux qui ont compté pour lui. Parfois, j’ai même l’impression de sentir sa force près de moi…Puisque je n’ai pas eu l’occasion de te le dire avant : au revoir Thierry, dans une autre vie sûrement, tu me montreras tes tableaux délirants !





 
 
 

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